dimanche 16 décembre 2018

Douleurs dans ls artrites et arthroses



                       LES DOULEURS ARTICULAIRES DANS LES ARTHRITES ET L’ARTHROSE

  

     L’arthrite est caractérisée par l’inflammation d’une articulation qui devient douloureuse, rouge, enflée et chaude.                                                                                                                                                                       Nous n’envisagerons pas ici les arthrites consécutives à une infection microbienne, qu’elle soit locale ou générale. Les arthrites « goutteuses » sont devenues rares depuis que leur dépistage, par le dosage de l’uricémie, s’est généralisé.                                                                                                                                                                          Une arthrite non infectieuse peut survenir sur une articulation indemne d’arthrose, elle peut toucher simultanément ou successivement plusieurs articulations : on parle alors de polyarthrite.

 LES POLYARTHRITES.
 
     Il est généralement acquis que les polyarthrites sont des maladies auto-immunes : dans ce cas, l’organisme a été amené à fabriquer des anticorps qui s’attaquent aux cartilages. Pour expliquer ce dérèglement du système immunitaire, l’hypothèse qui retient actuellement le plus d’attention est celle d’une défaillance  de la filtration normalement assurée par la muqueuse intestinale. Ce revêtement interne de la paroi de l’intestin ne remplit plus bien son rôle par suite d’une inflammation liée à l’altération de la flore intestinale (le microbiote) et à la présence permanente de protéines mal digérées, comme le gluten ou la caséine. D’où sans doute le succès des régimes alimentaires sans gluten et sans produits laitiers, comme celui qui fut proposé par le Pr. Seignalet (1).  

   Dans les polyarthrites des tests biologiques bien connus des médecins permettent d’assurer le diagnostic et il est fréquent de retrouver un facteur génétique dont le mécanisme d’action n’est pas totalement élucidé. Le traitement classique des polyarthrites a beaucoup progressé, au prix d’un traitement lourd mais beaucoup plus efficace que les anciens. Il en est de même en ce qui concerne le rhumatisme psoriasique.

LES ARTHRITES SUR ARTHROSE sont beaucoup plus fréquentes

     Dans ce cas c’est souvent le surmenage ou la surcharge de l’articulation concernée qui déclenche la douleur. Celle-ci est souvent moins explosive que dans le cas des polyarthrites et les autres signes d’une inflammation plus discrets voire absents.  Cependant l’efficacité des anti-inflammatoires (2) dans les douleurs arthrosiques conforte l’hypothèse d’une inflammation à bas bruit. Ceci dit, l’usage des anti-inflammatoires (aspirine et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens ou cortisone) gagne à être ponctuel, vus leurs effets secondaires. Il est bon de passer le plus vite possible à autre chose et le choix est large :   la kinésithérapie, y compris, quand il est possible,  l’auto massage, simple ou avec un gel de silice organique, une crème à l’arnica, ou une huile alimentaire additionnée d’une goutte d’huile essentielle. Les huiles essentielles sont une solution thérapeutique intéressante mais leur maniement nécessite une compétence en aromathérapie. En herboristerie, il existe quantité de plantes utiles en ce domaine, la gemmothérapie, les cataplasmes d’argile ou de chou blanchi, l’acupuncture sont aussi de possibles recours.(3)

     Un effet à la fois curatif et préventif peut être obtenu par l’élimination de tout ce qui favorise ce phénomène très général qu’est l’inflammation. Une alimentation saine, de type « méditerranéen » (4),  de l’exercice physique, avec des moments de calme en relaxation ou méditation, et un bon moral (5), vont réduire le risque de réapparition des douleurs.  Enfin, dés que possible, il sera bon de commencer le traitement de l’arthrose elle-même, sujet d’une prochaine mise au point…
                                                                                Fin 

1. / "L'alimentation la troisième médecine" J Seignalet éd.du Rocher 
2. "Effecticeness of non steroid anti inflammatory drugs for the treatment of pain in knees and hips osteoarthritis" Lancet 21-5-16. 
 3./  D’autres méthodes de traitement, comme la médecine ayurvédique ou les ondes magnétiques pulsées, reconnues dans plusieurs pays,  sont difficilement accessibles en France   
4./ Voir à ce sujet les mises au point sur l'alimentation    
5./Une étude en double aveugle a révélé un effet placebo jusqu'à 60% !!                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

samedi 15 décembre 2018

AMÉDÉE



Amédée … ou quand c’est trop, c’est trop



Sa profession l’a absorbé jusqu’à une mise à la retraite prématurée.
 Quelque temps plus tard, en voyage au soleil, il promène son ennui.
 Il consulte là-bas et il lui est prescrit un antidépresseur majeur : Amédée va profiter sans tarder de deux effets indésirables : l’un assez fréquent, une rétention d’urine, l’autre plus rare – mais, à la loterie, tout le monde ne gagne pas - un bloc auriculo-ventriculaire. Deux interventions sur la prostate et la pose d’un pacemaker vont s’ensuivre. On dira que la prostate était sans doute trop grosse depuis longtemps et que le cœur avait son âge…

Amédée s’ennuie encore un peu mais il ne prend plus l’antidépresseur, stoppé par son médecin habituel. Désormais sujet à des crises de violence, il se verra prescrit un calmant. Aucun des divers spécialistes consultés ne lui ont prescrit ni soutien psychothérapique ni séances de relaxation. Sa tension ayant monté, il va faire un petit Accident Vasculaire Cérébral, suivi de crises d’épilepsie…
Il lui restera à prendre, tous les jours  et indéfiniment : de la Dépakine* et un neuroleptique, un diurétique contre l’hypertension et du Kardégic**, de la Cordarone*** suivie très vite par du Lévothyrox****, un somnifère et du potassium (pour corriger les effets du diurétique)…

Amédée n’est pas seul dans son cas et, depuis bien longtemps déjà, les autorités déplorent cette poly-médicalisation des personnes âgées…

Quand même : une bonne nouvelle, la Sécurité Sociale va mettre en route, à titre expérimental et dans quelques départements, un remboursement des psychothérapies, et (peut-on encore rêver ?) peut-être un jour, des séances de relaxation. Parions cependant que la prise en charge par la Sécu des cotisations d’adhésion à un club de gymnastique accrédité surviendra plus vite, le lobby des « gym-center » y travaille dur…

*Dépakine, antiépileptique très prescrit…  
**Kardégic, constitué d’une faible dose d’aspirine capable de fluidifier le sang
***Cordarone (amodiarone), anti arythmique également très prescrit
****Lévothyrox, substitut d’hormone thyroïdienne quand la thyroïde faiblit sous les effets de la cordarone    

vendredi 26 octobre 2018

maladie d'Alzheimer

lundi 20 août 2018

la maladie d'Alzheimer


« Alzheimer, le grand leurre » *                                                                                                    (notes de lecture)
Le titre est intrigant, voire provocateur ; ce livre éclaire les questions que se posent les médecins et les aidants devant une affection bien difficile à définir, sorte de fourre-tout cachant une grande ignorance.
Le Professeur Olivier Saint-Jean reprend l’histoire de cette curieuse « maladie », décrite par un médecin, le docteur Aloïs Alzheimer en 1907 et tombée dans l’oubli pendant cinquante ans. Alors que la patiente du docteur Alzheimer n’avait qu’une cinquantaine d’années, des neurologues, un demi-siècle plus tard appliquent sa description à quasi toutes les « démences séniles », à ce qu’on dénommait vulgairement « gâtisme » ou « retombée en enfance » : la « neuro-dégénérescence » décrite sur des pièces d’autopsie remplaçant la démence, tous les patients cessaient de relever de la psychiatrie, des médicaments spécifiques pouvaient être cherchés …et vite promus avant même d’avoir fait quelque preuve que ce soit. 
Autre conséquence de ce tour de passe-passe et confusion supplémentaire, cette « maladie » frappant surtout des personnes âgées et finissant par entraîner une  dépendance allait se trouver « soignée » dans des Ehpads (Établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes) par des neurologues et des gériatres alors que, dans la plupart des cas, leur hospitalisation était provoquée par des troubles psychiatriques bien plus difficiles à supporter que les pertes d’autonomie. Une assistance psychologique incluse et coordonnée avec les autres aides pourrait bien souvent permettre le maintien à domicile en soulageant suffisamment les aidants, mais vues l’absence de remboursement des psychothérapies et l’inexistence actuelle d’une indispensable coordination, la seule solution est la mise en Ehpad. 
Ces établissements étant fort démunis en personnel de base et encore davantage en psychothérapeutes, orthophonistes, kinésithérapeutes et animateurs, les patients qui y sont enfermés y bénéficient d’un service minimum, régressent rapidement et dépérissent. En faisant payer la dépendance par les familles et non par la Sécurité Sociale, contrairement à ce qui se passe lorsque « la maladie d’Alzheimer » frappe à cinquante ans, le système actuel ajoute une note de discrimination à une absence de réelle prise en charge. Tout cela  arrange bien les affaires de gouvernements successifs désireux de réduire la voilure dans le domaine de la solidarité publique, quitte à mettre sous le boisseau la loi de 2007 instituant contrôles et précautions lors de tout internement sans consentement !  
Un livre à lire pour ceux qui sont directement impliqués dans cette « maladie », qui n’en pas une  si l’on en croit l’auteur, et qui, quoi qu’on en pense, pose bien des questions  à notre société, mais aussi un livre précieux pour ceux qui s’interrogent de façon générale sur la maladie, le vieillissement et la prévention non médicamenteuse, toujours aussi négligée par les Ministères de la Santé, sans oublier le petit bijou de « l’histoire de Germaine », racontée à la fin du livre !      
                                                                                                                                                                    Luc
*Alzheimer le grand  leurre – Pr Olivier Saint-Jean et Eric Favereau – éd Michalon – 2018 – 17 E

Ernestine et Amédée



Les aventures d’Amédée et d’Ernestine                                                                                                                Quand trop de médocs tuent la Médecine

 Santé pour Tous s’intéresse essentiellement à développer et protéger la santé. Mais à force d’être confronté à des excès de consommation médicamenteuse unanimement dénoncés et toujours persistants dans notre pays, il faut bien réagir ! Ces histoires sont vraies, elles ont seulement été rendues anonymes.

Épisode numéro 1 : Ernestine et les bêta-bloquants*
Ernestine fait un peu d’hypertension traitée depuis quelques années. Elle a dépassé les nonante ans,  grande mais mince, elle pèse moins de 50 kilos.
Ce soir de canicule, elle se souvient d’avoir eu très chaud. Plus tard on lui a dit que son cœur s‘était emballé à 180 ;  le cardio de garde s’est senti obligé d’y aller assez fort : cinq milligrammes d’un  bêta-bloquant*, deux fois la dose initiale pour un adulte de 60 à 80 kilos, sans oublier une cordarone**.
La lettre de sortie reprend l’ordonnance qui est régulièrement renouvelée, et Ernestine suit toujours religieusement ce que prescrivent les docteurs.
Quelque temps plus tard, Ernestine se trouve fort essoufflée, et fatiguée comme jamais. Quand « SOS médecins » arrive sa tension est tombée à 8, son pouls est en dessous de 50.

MORALITÉ  générale : il ne faut jamais copier, ni recopier, sans d’abord réfléchir ! Et, tant qu’on a encore de bons yeux, lire et relire les notices des médicaments.
Enseignement post universitaire :
  
1/ Un premier accès de tachyarythmie(1) ne justifie pas la mise en route d’un traitement prolongé                                                                                                                                                                               2/  Ne jamais oublier que les bêta-bloquants provoquent une bronchoconstriction qui peut devenir dangereuse                                                                                                                                                                          3/ Une chute de tension brutale, surtout chez un sujet âgé peut entrainer un A.V.C.(2)

* Bêta-bloquants : famille de produits qui sont souvent prescrits en cas d’hypertension mais aussi lors de tachyarythmie. Ces produits contrecarrent les effets de l’adrénaline, l’hormone du combat, ils entrainent une baisse de la tension artérielle, même quand  elle est au départ normale, un ralentissement du cœur et une constriction des bronches, ce qui explique leur contrindication chez les asthmatiques.
** Cordarone : spécialité très utilisée actuellement quand le cœur bât irrégulièrement.


1/  Tachyarythmie : le pouls est très rapide et désorganisé
2/  AVC : Accident Vasculaire Cérébral.