lundi 10 juillet 2017



                 LES DOULEURS ARTICULAIRES DANS LES ARTHRITES
 ET L’ARTHROSE


     L’arthrite est caractérisée par l’inflammation d’une articulation qui devient douloureuse, rouge, enflée et chaude                                                                                                                                                                       Nous n’envisagerons pas ici les arthrites consécutives à une infection microbienne, qu’elle soit locale ou générale. Les arthrites « goutteuses » sont devenues rares depuis que leur dépistage, par le dosage de l’uricémie, s’est généralisé.                                                                                                                                                                            Une arthrite non infectieuse peut survenir sur une articulation indemne d’arthrose, elle peut toucher simultanément ou successivement plusieurs articulations : on parle alors de polyarthrite.

 LES POLYARTHRITES. 

     Il est généralement acquis que les polyarthrites sont des maladies auto-immunes : dans ce cas, l’organisme a été amené à fabriquer des anticorps qui s’attaquent aux cartilages. Pour expliquer ce dérèglement du système immunitaire, l’hypothèse qui retient actuellement le plus d’attention est celle d’une défaillance  de la filtration normalement assurée par la muqueuse intestinale. Ce revêtement interne de la paroi de l’intestin ne remplit plus bien son rôle par suite d’une inflammation liée à l’altération de la flore intestinale (le microbiote) et à la présence permanente de protéines mal digérées, comme le gluten ou la caséine. D’où sans doute le succès des régimes alimentaires sans gluten et sans produits laitiers, comme celui qui fut proposé par le Pr. Seignalet (1).  

   Dans les polyarthrites des tests biologiques bien connus des médecins permettent d’assurer le diagnostic et il est fréquent de retrouver un facteur génétique dont le mécanisme d’action n’est pas totalement élucidé. La médecine classique en ce domaine a beaucoup progressé, au prix d’un traitement lourd mais beaucoup plus efficace que les anciens Il en est de même en ce qui concerne le rhumatisme psoriasique.


LES ARTHRITES SUR ARTHROSE sont beaucoup plus fréquentes.

     Dans ce cas c’est souvent le surmenage ou la surcharge de l’articulation concernée qui déclenche la douleur. Celle-ci est souvent moins explosive que dans le cas des polyarthrites et les autres signes d’une inflammation plus discrets voire absents.  Cependant l’efficacité des anti-inflammatoires (2) dans les douleurs arthrosiques conforte l’hypothèse d’une inflammation à bas bruit. Ceci dit l’usage des anti-inflammatoires (aspirine et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens ou cortisone) gagne à être ponctuel, vus leurs effets secondaires. Il est bon de passer le plus vite possible à autre chose et le choix est large. La kinésithérapie, y compris, quand il est possible , l’auto massage, simple ou avec un gel de silice organique, une crème à l’arnica, ou une huile alimentaire additionnée d’une goutte d’huile essentielle. Les huiles essentielles sont une solution thérapeutique intéressante mais leur maniement nécessite une compétence en aromathérapie. En herboristerie, il existe quantité de plantes utiles en ce domaine, la gemmothérapie, les cataplasmes d’argile ou de chou blanchi, l’acupuncture sont aussi de possibles recours.(3)

     Un effet à la fois curatif et préventif peut être obtenu par l’élimination de tout ce qui favorise ce phénomène très général qu’est l’inflammation. Une alimentation saine, de type « méditerranéen » (4),  de l’exercice physique, avec des moments de calme en relaxation ou méditation, et un bon moral (5), vont réduire le risque de réapparition des douleurs.  Enfin, dés que possible, il sera bon de commencer le traitement de l’arthrose elle-même, sujet d’une prochaine mise au point…

                                                                                Fin


1/ « L’alimentation, la troisième médecine » J. Seignalet  éd. du Rocher  

 2/ « Effectiveness of non steroid anti inflammmatory drugs for the treatment of pain in knees  and hips osteoarthritis» - Lancet 21-5-16    

 3/ D’autres méthodes de traitement, comme la médecine ayurvédique ou les ondes magnétiques pulsées, reconnues dans plusieurs pays,  sont difficilement accessibles en France  

4/ Voir, à ce sujet les mises au point sur l’alimentation  

 5/ Une étude en  double aveugle a révélé un effet placebo très  élevé dans le cas présent, jusqu’à 60% !,

vendredi 30 juin 2017

ACTIVITÉS EN 2016




SANTÉ  POUR  TOUS
                                                                          ACTIVITÉS   en  2016

    Les années se suivent sans se ressembler. En 2016, nous avons été davantage sollicités par des personnes souffrantes. Cela explique–t-il une plus faible production d’articles sur le blog ? Celle-ci a-t-elle été retardée par la difficulté à réunir un bureau suffisamment représentatif ? Je dois rappeler que ce qui est édité sur le blog passe d’abord un examen soigneux et parfois répété en réunion de bureau-conseil d’administration. Celui-ci s’est réuni six fois cependant. 

   Sont parus sur le blog : 
deux articles concernant les actions publiques vis-à-vis des  addictions,
un article sur les phages, 
 et des articles intitulés : 
« Du nouveau dans le gras », 
« Si l’ O.M.S. dit vrai »,   
 « La comédie atomique », et
 « Du nouveau sur les nanos ». 

   Le secrétariat se charge de faire parvenir par voie postale les articles aux adhérents qui n’ont pas Internet.

   Solange a assisté au colloque de l’ OCHA (Observatoire Cidil*   de l’Harmonie Alimentaire) ; un compte-rendu sera publié sur ce colloque consacré aux inquiétudes des consommateurs concernant l’alimentation. 

  En France, la politique publique sur la santé n’est toujours pas délivrée d’une sclérose persistante, quelque soit la couleur des Ministres et Secrétaires d’État. La Direction de la Sécurité Sociale, définitivement subordonnée au gouvernement, s’entête à continuer de promouvoir à grands frais des mesures « préventives » qui privilégient des vaccinations et des dépistages systématiques discutables ou se résument à des slogans trop incomplets, si ce n’est dangereux. Elle dépense tous les ans de plus en plus de centaines de millions d’euros pour récompenser les médecins qui acceptent d’appliquer ses consignes, tandis qu’elle renforce encore les contrôles concernant les arrêts maladie, dont les quelques « abus » ne représentent qu’un coût minime.   
  
   Qu’il s’agisse de l’alimentation, des vaccinations ou des dépistages, les français deviennent de plus en plus méfiants, et ce bien souvent à très juste titre , tant le domaine de la santé a été envahi par la loi du profit maximum. Face à cette dérive, chacun sent que la vie mérite mieux, c’est ce qui nous donne l’espoir d’un meilleur avenir.

   « Faire naître et se déployer la peur du lendemain, l’inquiétude et la crainte, c’est le ressort de la prise de pouvoir sur l’être humain, qu’il s’agisse de domination économique ou politique, l’un et l’autre se soutenant réciproquement…** »

   Pour nous qui connaissons les effets du stress chronique sur la santé, n’est-il pas utile de méditer cette ancienne pensée trop souvent confirmée ?
                                                                                                                 La Présidente Chrystéle Ogez


* Centre d’information et de documentation de l’industrie laitière
**auteur anonyme
  

vendredi 23 juin 2017

L'ARTHROSE



                                                          L’ARTHROSE EST UNE MALADIE



   L’arthrose n’est pas un vieillissement des articulations, c’est une maladie.

  Cette maladie fut longtemps négligée par la recherche médicale, un peu comme les maladies orphelines, bien que, contrairement à ces dernières, elle soit très répandue, du moins dans nos contrées. Mais  elle avait  aussi en commun avec ces maladies d’embarrasser des médecins, fort démunis. Ceux-ci, dés lors qu’ils avaient fait leurs études après 1960, n’avaient même plus été instruits de ce qui, dans les siècles précédents, avait permis de  soulager les sujets arthrosiques assez aisés pour bénéficier des cures thermales, connues depuis l’empire romain et remises à l’ordre du jour au XIX° siècle.

   L’arthrose fait partie des rhumatismes chroniques, elle est très fréquente dans les pays vivant « à l’occidentale ». On la définit actuellement comme une altération des cartilages et des os qui s’installe tranquillement, le plus souvent sans se manifester avant des dizaines d’années d’évolution sans douleur ni déformation apparente. Il en va de l’arthrose comme de l’artériosclérose, un dépistage systématique effectué sur des jeunes soldats américains a démontré l’existence de débuts de lésions chez des sujets qui étaient indemnes de tout trouble. 

  
Le cartilage articulaire est le premier touché, il s’amincit, ce qui se traduit, sur les radios, par un pincement de l’espace interosseux. Des lésions osseuses apparaissent  ensuite, avec un épaississement et un élargissement des extrémités des os donnant parfois les fameux becs de perroquets qui font si peur à leur propriétaire et qui pourtant ne sont pas à l’origine des douleurs, celles-ci relevant davantage d’autres facteurs. Les radiologues connaissent bien les signes de l’arthrose, mais, paradoxalement, les lésions peuvent être très avancées sans que le sujet ressente quoique ce soit tandis que d’autres sujets, présentant de discrets signes radiologiques peuvent souffrir beaucoup. 

   La douleur caractérise si bien l’arthrose qu’en Picardie, « avoir des douleurs » est synonyme d’ « avoir de l’arthrose ». La douleur arthrosique survient au démarrage et s’atténue ou même disparaît après le « dérouillage » matinal, quitte à se manifester de nouveau quand le sujet se relève d’une chaise où il est resté assis un moment. La fatigue, un effort ou un faux mouvement vont réveiller la douleur.
 Bien que l’arthrose ne soit pas classée dans les maladies inflammatoires, il est probable que la douleur manifeste la survenue d’une inflammation locale.

D’OÙ VIENT L’ARTHROSE ?

   En l’absence de connaissances sur les causes de cette affection, la Médecine est réduite à énumérer des facteurs de risque.

L’âge est-il un facteur de risque ?  En réalité, il en est de l’arthrose comme de toutes les maladies qui demandent un long délai pour s’installer et enfin se manifester : artériosclérose,  cancers, sont, pour cette raison,  également plus nombreux  chez les sujets âgés.

Une prédisposition génétique est volontiers évoquée devant  l’observation de cas familiaux, mais, contrairement à ce qui existe pour les rhumatismes inflammatoires, aucun gène, aucun type tissulaire (H.L.A.)  particulier n’a été mis en évidence  dans l’arthrose. Il peut s’agir d’une simple transmission intergénérationnelle, soit par la poursuite d’un même mode de vie, soit par un mécanisme épigénétique qui reste à découvrir.


Une anomalie articulaire ou osseuse est un point d’appel pour une arthrose, c’est le cas en particulier pour les scolioses. Des traumatismes articulaires, fractures, luxations, entorses récidivantes, peuvent être à l’origine d’une arthrose. Les microtraumatismes répétés, vibrations en charge, mouvements répétitifs  et surmenages dus à des charges trop lourdes expliquent les arthroses des carreleurs, des travailleurs maniant des marteaux piqueurs, des manutentionnaires, et, de façon générale, de toute personne qui ont beaucoup travaillé physiquement L’exposition prolongée à un froid humide ou à d’excessives variations de température expose aussi à l’arthrose, sans doute par le déficit circulatoire que cela entraine.


Un excès de poids agit de façon mécanique en infligeant aux articulations des genoux, des hanches et du dos une pression anormalement élevée sur les cartilages articulaires. De plus les tissus graisseux produisent des cytokines pro-inflammatoires ainsi que de la leptine, une substance nocive pour les cartilages. 


 Ni le surentrainement ni les efforts violents répétés ne sont bons pour les articulations. Mais l’absence d’exercice physique et la position assise prolongée sur une chaise ou au volant sont tout autant néfastes, aussi bien pour les cartilages que pour les os. Les articulations, comme les muscles, s’usent quand on ne s’en sert pas ! L’immobilité s’accompagne souvent de contractions musculaires prolongées: ces contractures restreignent les circulations sanguines et lymphatiques régionales et donc aussi bien les apports nutritionnels que l’évacuation des déchets. Les vertèbres cervicales sont souvent les premières atteintes, et cela a été rapporté à la fréquence des contractures observées au niveau du cou et des épaules.

Les contractures reflètent souvent un stress chronique, mais le stress joue aussi son rôle  dans le déclenchement des douleurs.

Le rôle de l’alimentation fut longtemps minimisé, restreint aux arthroses secondaires à une hyper uricémie, responsable de la goutte. En 1983,  le docteur Picard (2) évoquait la responsabilité d’une agriculture et d’un élevage très utilisateurs de substances chimiques bloquant les oligoéléments et favorables aux phénomènes inflammatoires.
 C’est à cette époque que les premières recherches sur le statut des français en vitamines et oligoéléments objectivent la fréquence des déficits alors même que ces sujets apparaissent indemnes des maladies de carence traditionnellement décrites. On s’aperçoit aussi de la nécessité d’un apport équilibré entre les différents oligoéléments : un excès de fer inhibe l’utilisation du cuivre et du zinc et favorise l’inflammation. Or, un excès d’apport de fer est fréquent dans une population friande de viandes rouges naturellement riches en cet élément. Ainsi  l’alimentation des pays industriellement développés, trop riche en viande, carencée en oligoéléments et trop riche en omégas 6 pro-inflammatoires, peut favoriser de façon importante l’apparition de l’arthrose. Les travaux du Professeur Seignalet (1) allaient expliciter et  confirmer l’importance de l’alimentation aussi bien dans la genèse des rhumatismes que dans celle des « maladies du siècle ». L’actuelle pollution chimique de l’environnement n’arrange pas les affaires en nous exposant à de multiples radicaux libres qui neutralisent les éléments utiles et favorisent l’inflammation.      

L’ARTHROSE EST UNE MALADIE ÉVITABLE. Théoriquement, une fois connus les facteurs qui lui donnent naissance, nous pouvons tenter de l’éviter. Mais que peut dire aujourd’hui un médecin du travail à un ouvrier du bâtiment, à un employé d’une entreprise de travaux publics, à un agent de nettoiement dont les articulations commencent à montrer des signes de surcharge ? Et que peut envisager un artisan charpentier ou carreleur ? Dans la pratique, aujourd’hui, le dépistage et les réorientations professionnelles nécessaires manquent le plus souvent...

Reste à savoir quoi faire quand l’arthrose est là, on essaiera d’en parler bientôt, si vous le voulez bien…
                                                                                           fin


Bibliographie
1/  L’alimentation la troisième médecine – Jean Seignalet – éd De Guibert - 1995 
2/  Vaincre l’arthrose – Henry Picard -1983 – réédité en 2006