vendredi 24 septembre 2021

Maladies du siècle ?


   PEUT-ON PARLER DE MALADIES DU SIÈCLE ?

 

Longtemps régnèrent les maladies infectieuses. C’est encore le cas dans bien des pays et les événements récents nous montrent qu’elles n’ont pas dit leur dernier mot. Mais, pendant un siècle, elles ont été détrônées dans les pays « avancés » par des affections plutôt rares jusqu’alors : maladies cardiovasculaires, cancers, allergies et intolérances, obésité et diabète, mais aussi maladies auto-immunes, Parkinson, Alzheimer, thyroïdite , cataracte et D.M.L.A.

Une anecdote : dans un grand hôpital parisien, un Professeur fait appeler tous les internes pour leur montrer le premier cas d’infarctus observé dans son service ; c’était il y a un siècle !

Depuis ce temps, la fréquence et l’incidence (1) de ces maladies non infectieuses n’ont cessé d’augmenter.

 

D’OÙ VIENT CETTE AUGMENTATION ?

Elle est souvent attribuée aux progrès diagnostiques (2) et thérapeutiques et au vieillissement de la population. De fait, si ces maladies sont le plus souvent décelées à un âge avancé c’est qu’il leur faut généralement des années, voire des décennies pour donner des signes manifestes, mais elles ne sont pas dues à l’âge (3). Enfin, malgré ces progrès, les mortalités restent élevées (4) et on les voit  apparaître chez des sujets de plus en plus jeunes.

Depuis un siècle, le mode de vie a profondément changé, avec des effets favorables : amélioration du confort matériel, extension du temps de loisirs diminution de la pénibilité physique du travail, amélioration de l’habitat, meilleure hygiène. Mais, en même temps, on a vu apparaître une extension du travail de nuit, davantage de bruit et de pression sur les travailleurs, un allongement des temps de transport et une diminution du temps de sommeil.  Quelques vaccinations  ont fait disparaître des affectons mortelles ou très handicapantes (diphtérie, poliomyélite). De nouveaux traitements ont prolongé la vie des cancéreux et des cardiaques,  les antibiotiques ont minimisé les effets de la plupart des maladies infectieuses, même si leur usage intempestif a créé de nouveaux risques. Enfin, petit à petit, est remise en question l’idée qu’à CHAQUE maladie il existait UNE cause. C’est une conjonction de facteurs qui fait éclore la maladie. Les facteurs possibles sont nombreux, ils sont physiques, chimiques, psychologiques, sociaux et comportementaux, beaucoup sont maintenant connus, mais on ignore encore beaucoup leur importance respective.  Enfin ces facteurs interagissent entre eux ; leur combinaison est chaque fois différente, même s’il existe, pour chaque maladie des associations  préférentielles. C’est un écheveau très difficile à démêler !

 

COMMENT ALORS AVANCER DANS LA LUTTE CONTRE CES MALADIES ?

La recherche des facteurs en cause chez une personne malade est des plus malaisée. La connaissance des facteurs les plus fréquents est une aide pour le médecin, elle est indispensable pour établir une politique préventive.

Mais une prévention  maladie par maladie ne deviendrait-elle pas lourde, voire  contre-productive. (5 et 6)

Une voie plus simple n’est-elle pas possible ?

Nous en discuterons prochainement.

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Note N° 1 – La fréquence d’une maladie est le nombre de cas présents dans la population ;

l’incidence est le nombre de cas nouveaux relevé chaque année

Note N° 2 – Malgré la stagnation du dépistage mammographique, l’incidence du cancer du sein n’a cessé d’augmenter.

Note N°3 – Une D.M.L.A (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age) se déclenche  « à un certain âge » mais ce n’est pas « l’âge » qui la provoque, nous en parlerons prochainement.

Note N°4 - Les chiffres de la  mortalité, même s’ils ne sont pas exempts d’imprécisions, sont les plus fiables. La fréquence et l’incidence des maladies ont mis longtemps à être établies de façon un peu rigoureuse.

Note N°5 -  L’exemple de ce qui se passe avec la « lutte anti-tabac » est instructif. Le tabac joue bien un rôle notable dans la genèse des cancers des bronches, des affections touchant les voies respiratoires, des maladies cardiovasculaires, etc…Mais cette lutte oublie que le tabac n’est pas seul et unique facteur à jouer et que même, selon l’une des rares recherches qui ait tenté d’établir une hiérarchie entre ces facteurs, il n’apparait pas en être le premier…Passons… l’erreur principale de la lutte antitabac est ailleurs, elle réside dans le fait qu’elle n’a pas vu que le tabagisme a ses propres « causes ». Faute de s’en prendre à ces dernières, contraindre les fumeurs à abandonner cette drogue risque de les pousser vers d’autres intoxications. Aux États-Unis, les mesures anti-tabac ont quasiment rendu  impossible de fumer une cigarette tranquillement…mais l’usage des autres drogues ne cesse d’augmenter.       

Note N°6 – Vouloir un vaccin par cancer comme ce qui est le cas de certaines recherches est-ce bien raisonnable ?.