mardi 2 septembre 2008

quelques urgences

COURT PROPOS

SUR

QUELQUES URGENCES EN MATIERE DE SANTE

Nous voulons ici attirer l’attention sur des situations parfois méconnues survenant chez un adulte ou une personne âgée. Les urgences du nourrisson et de l’enfant sont un autre domaine.

Quand il s’agit des yeux

La plus méconnue des urgences, à notre avis, est la thrombose aigue (c’est-à-dire l’obstruction brutale par un caillot) de l’artère rétinienne, accident qui survient chez un sujet ayant des artères en mauvais état, ce qui n’a rien d’exceptionnel dans nos pays. Non soignée dans les premières heures, cette obstruction entraîne la perte irrémédiable de la vision de l’œil atteint. Le traitement est simple mais nécessite l’hospitalisation. La négligence, maintes fois constatée, s’explique aisément : la thrombose de l’artère rétinienne est totalement indolore ; beaucoup de sujets atteints se contentent de prendre un rendez-vous auprès de leur ophtalmologiste, il sera alors trop tard pour liquéfier le caillot et rétablir la vision.

Pourtant, le diagnostic est simple à faire : la thrombose entraine la perte immédiate et généralement totale, de la vision d’un œil, sans raison évidente et sans autre manifestation.

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Notons que le même genre d’accident « thrombotique « peut survenir au niveau d’une artère de l’oreille interne, se manifestant alors par une perte brutale de l’audition d’un côté, mais cet accident paraît être moins fréquent. Il relèverait du même traitement d’urgence. La difficulté du diagnostic est ici beaucoup plus grande, d’autre causes, davantage fréquentes, pouvant intervenir.

Les autres urgences concernant les yeux sont mieux connues.

Les plaies de l’œil en font partie; il s’agit souvent de la projection d’une « poussière » agressive dans l’œil qui devient plus ou moins douloureux. Dans ce cas, si l’on voit quelque chose sur l’œil ne pas chercher à retirer l’objet en question, on risquerait d’aggraver les choses, mais appeler le 15. La plaie de la cornée, généralement plus douloureuse est moins souvent négligée qu’une plaie de la conjonctive.

Tout traumatisme oculaire, dés lors que la douleur persiste ou qu’il existe une altération de la vision doit inquiéter.

Le zona ophtalmique est davantage reconnu comme une chose à ne pas négliger, il suit généralement un zona du visage; si les rougeurs et la sensation de brûlure commencent à frapper les régions voisines et les paupières, il devient urgent d’effectuer un traitement préventif avant la survenue de lésions de la cornée.

La survenue d’éclairs, de flashs, dans la vision évoque un décollement de rétine qui fait partie des affections qui relèvent d’un traitement rapide.

On voit encore négliger un glaucome aigu, alors même que la douleur violente, retentissant au fond de l’orbite et la rougeur de l’œil atteint devraient inquiéter. Il arrive encore que des personnes « qui ne s’écoutent pas » tardent à se faire soigner alors qu’il s’agit d’une véritable urgence : on peut limiter voire annuler les dégâts si l’on agit dans les premières heures.

D’autres urgences, plus ou moins connues…

Elles concernent tous les autres organes et nous n’allons pas ici reprendre tout ce qu’il faut apprendre en fait de secourisme

Rarement négligées sont les urgences spectaculaires : hémorragies massives, fractures évidentes, comas, vomissements ou diarrhées incessantes, douleurs d’origine inconnue violentes et brutales ou sans cesse récidivantes. Depuis toujours cela a suffisamment inquiété pour qu’on ne tarde généralement pas à demander secours.

Il existe aussi des urgences sur lesquelles on écrit beaucoup et dont on parle à la télé. Il en est ainsi de l’infarctus, avec sa douleur subite et violente survenant comme une crampe sur le devant et au milieu de la poitrine, souvent accompagnée d’une sensation de mort imminente, de pâleur et de sueurs froides avec une gêne respiratoire, un pouls rapide et filant. L’appel du service de secours d’urgence s’impose. En l’attendant il est bon de savoir qu’un demi comprimé d’aspirine délayé dans un verre d’eau absorbé tout de suite peut limiter les dégâts en fluidifiant le sang.

On parle aussi et de plus en plus de l’accident vasculaire cérébral (A.V.C.) qui peut se manifester par une perte de connaissance partielle ou totale, une perte de force subite d’un membre, une gêne pour parler, une déviation de la bouche, avec ou sans mal de tête et troubles visuels. En attendant les secours, surtout si le mal de tête est violent, on peut aider la personne en lui posant une vessie de glace sur la tête (dans la pratique : un sac en plastique rempli de glaçons en interposant une serviette éponge).

Dans l’infarctus ou l’AVC, les soins ne sont véritablement efficaces que s’ils sont administrés le plus tôt possible après le début des troubles : il faut appeler tout de suite le 15 (en attendant le nouveau numéro d’appel d’urgence qui va être unifié dans toute l’Europe)

Pour en finir avec les problèmes de cœur et d’artères, rappelons qu’il faut s’inquiéter devant un pouls lent permanent, à moins de 60 pulsations par minute, chez une personne qui avait un pouls connu comme plus rapide, et ceci même s’il n’y a aucun autre trouble. Bien que l’urgence soit ici moins pressante que dans les cas précédents, il vaut mieux ne pas attendre.

Il y a aussi des urgences difficiles à reconnaître, parfois même par un médecin : les appendicites atypiques du vieillard, l’hypoglycémie aigue chez un sujet qui n’est pas connu comme étant diabétique, les phlébites et les infarctus atypiques où les signes habituels font défaut. –A ce propos notons qu’une angoisse sans raison qui surgit chez un sujet généralement serein doit inquiéter, elle peut être révélatrice d’une phlébite non évidente : le sujet doit rester au repos jusqu’à l’arrivée des secours.

Il existe encore bien d’autres situations où un traitement s’impose sans délai ; certaines sont évidentes, d’autres difficiles à discerner. Même quelqu’un d’expérimenté pourra se retrouver perplexe. Dans ce cas ne pas hésiter à appeler le 15 : le médecin régulateur posera des questions qui lui permettront d’aviser au mieux, de conseiller ou de prendre l’initiative de déclencher une intervention urgente.

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