lundi 4 juin 2007

L'ostéoporose

Santé pour tous


L'os est un tissu vivant et l'ostéoporose est une maladie de la trame osseuse et non une simple décalcification.
La majorité des informations données par les médias met l'accent sur l'importance d'un apport élevé en calcium clans l'alimentation. En conséquence le calcium est devenu l'étendard des produits laitiers, très riches en calcium.
Premier paradoxe : l'ostéoporose frappe très fort les pays les plus gros consommateurs de lait et dérivés.*
Second paradoxe : l'ostéoporose n'a pas reculé, dans un pays comme la France, où depuis cinquante ans, la consommation de yaourts, desserts laitiers et fromages a littéralement explosé. Faudrait-il encore augmenter cette consommation ? Faudrait-il que les gens âgés consomment un produit laitier à chacun des quatre repas quotidiens conseillés, comme le préconisait récemment l'ex-Comité Francais d'Education pour la Santé, dans un opuscule destiné aux seniors et sponsorisé par le Centre d'Information de l'Industrie Laitière ?
Petit à petit trois équations avaient été imposées dans les esprits :
1/ l'augmentation du risque de fractures est lié à la diminution de la densité osseuse
2/ Cette diminution de densité osseuse vient d'un manque de calcium dans l'alimentation
3/ Ce manque de calcium vient d'une trop faible consommation de produits laitiers.
De ces équations on tirait le raccourci suivant : si vous ne voulez pas vous casser les os, buvez du lait et mangez du fromage.
Le « hic » c'est que, comme aucune de ces équations n'est rigoureusement exacte, la conclusion «pédale dans le yaourt ».

La première équation est à moitié vraie.
La mesure de la densité osseuse par l'ostéodensitométrie n'est pas un examen prédictif fidèle: la moitié des fractures chez les femmes âgées (les plus concernées) survient chez des femmes ayant une densité osseuse peu modifiée.* Cette mesure n'est pas un bon reflet de l'état des os, elle ne concerne que des zones précises, elle ne reflète pas l'état de la trame osseuse et ellepeut ne pas changer alors que le risque de fracture a évolué.*
D'autres examens plus fidèles existent mais ils sont coûteux et peu utilisés actuellement.

La seconde équation parait être fort sujette à caution.
Il n'est pas prouvé qu'une alimentation peu riche en calcium crée de toutes pièces une ostéoporose .Il n'est pas signalé une plus grande fréquence de l'ostéoporose dans les régions granitiques où l'eau et les végétaux contiennent peu ou pas de calcium..
Une surcharge en calcium dans l'alimentation des personnes âgées augmente un peu la densité osseuse chez les personnes en surpoids ou en insuffisance pondérale mais pas chez les personnes de poids normal.* La revue la plus exhaustive portant sur ce sujet a montré que le traitement par calcium et vitamine D n'avait d'intérêt que chez les personnes vivant en institution. *

Enfin et surtout : un apport supplémentaire en calcium chez des femmes ménopausées améliore la densité osseuse, surtout dans les os longs comme le fémur, mais n'a pas diminué significativement le risque de fracture.*
Ceci s'explique : la solidité de l'os dépend de sa structure davantage que de sa charge en calcium.

La troisième équation suppose que le calcium des produits laitiers ingérés va se fixer sur les os de façon systématique et que leur consommation est la seule solution.
Or de nombreuses populations consomment très peu ou pas du tout de produits laitiers et on n'y a jamais signalé une fréquence exagérée de fractures .
La densité minérale des os apparaît être acquise lors de l'adolescence, il s'en est suivi le conseil de donner beaucoup de produits laitiers aux adolescents et surtout aux adolescentes. Mais une étude récente pose une question intéressante : est-ce la quantité de calcium ingéré ou l'exercice physique qui joue le rôle prépondérant ?

IL FAUT DONC ENVISAGER LA QUESTION D'UNE FACON DIFFERENTE
On observe très souvent, chez les gens atteints d'ostéoporose, des dépôts de calcium dans les artères et autour des articulations (ostéophytes). Comment comprendre qu'ils manqueraient de calcium ? On arrive à la question de savoir pourquoi le calcium se fixe mal sur les os ou pourquoi les quitte-t-il ?

QUELQUES FACTEURS CONNUS :
LE SEXE : à 69 ans , 60% des femmes et seulement 40% des hommes ont des signes d'ostéoporose. L'hypothèse la plus admise est que cette différence provient de la chute brutale des oestrogènes lors de la ménopause, ces hormones ayant un rôle protecteur, tout comme les androgènes d'ailleurs ce qui concorde avec le fait qu'à 80 ans le risque tend à devenir égal dans les deux sexes.
L'AGE : plus on avance en âge plus le risque de fracture s'accroît, mais cela ne signifie pas que l'âge en lui-même soit facteur de risque. Car, avec l'âge, le mode de vie change ; la sédentarité s'accroît...Il n'est, pour l'instant, pas facile de discerner ce qui relèverait du vieillissement lui-même.
LES GENES : un facteur génétique agit probablement du moins dans certains cas ; son importance reste à préciser.*
LA CORTISONE et ses dérivés : une augmentation du cortisol naturellement produit par l'organisme ou un traitement par la cortisone créent rapidement une ostéoporose.
La prise de corticoïdes par voie générale ou locale concerne un nombre considérable de sujets, arthritiques, allergiques, asthmatiques...rien que 500.000 pour les inhalateurs.
Enfin les surrénales des sujets chroniquement stressés sécrètent davantage de cortisol ; ce facteur n'est jamais mis en avant... « ne supprimez pas le stress, c'est le moteur de l'entreprise» ! !

LE SODIUM : c'est un facteur connu mais sur lequel on passe souvent.
Le sodium est un antagoniste du calcium, plus il y a de sodium, plus le calcium fuit hors des os.* Avec la consommation actuelle moyenne de sel par les français (10 à 12 grammes), il faudrait, pour compenser cette fuite parvenir à une consommation journalière de 2 grammes de calcium par jour, ce qui ne peut se faire sans une consommation très importante de produits laitiers, eux-mêmes, quand il s'agit de fromages, gros pourvoyeurs de sel, c'est une course sans fin...
De l'autre côté, 500 milligrammes de calcium, ce qui peut être assuré même en l'absence de produits laitiers, suffiraient à qui n'absorberait que 2 grammes de sel.
LE MANQUE DE VITAMINE D : cette vitamine est absolument nécessaire à notrebonne santé et, en particulier à celle de nos os et de nos muscles ; très peu d'aliments courants contiennent de la vitamine D mais quand nous exposons notre peau à la lumière naturelle, même par temps nuageux, celle-ci nous fabrique très facilement la quantité nécessaire. Cette vitamine naturelle est très efficace et elle n'est jamais produite en quantité exagérée ce qui est précieux car un excès de vitamine D est dangereux
Actuellement fort peu de gens travaillent à l'air libre et nous marchons trop peu, aussi la plupart des français, surtout les gens âgés, manquent de vitamine D naturelle.

LA SEDENTARITE est un facteur favorisant décisif. Les tractions exercées sur les os, les muscles et les tendons par les mouvements et le poids du corps en position debout provoquent l'orientation la plus efficace des travées osseuses et suscitent la calcification de ces travées: un sujet cloué au lit se décalcifie et se fragilise très vite, un cosmonaute également. Ceci explique aussi un apparent paradoxe: les obèses ont, en moyenne, moins d'ostéoporose que les maigres, toutes choses égales par ailleurs.

D'AUTRES CARENCES FAVORISENT L'OSTEOPOROSE . Parmi les substances indispensables au bon état des os, les vitamines K, B2 et B12, qui manquent plus rarement que le silicium, le zinc, le magnésium, le manganèse et le cuivre, oligoéléments que l'alimentation « moderne » du français moyen n'apporte pas assez.
DES SUBSTANCES SONT NOCIVES POUR LES OS. (et pas seulement pour les os) C'est le cas des métaux lourds, plomb, mercure, tungstène... mais aussi de l'aluminium aux propriétés voisines, et sans doute aussi du tabac.On a aussi repéré la nocivité du café, mais seulement quand il est pris en grosse quantité.
PLUSIEURS NUTRIMENTS SONT AMBIGUS : une carence en protéines facilite l'ostéoporose mais un excès de protéines animales la facilite aussi.
Un apport insuffisant de phosphore et de fluor facilite l'ostéoporose, leur excès également. Enfin est mis en avant le rôle nocif des aliments acidifiants dont font partie tous les aliments d'origine animale. (attention : acidifiant ne signifie pas « acide » au goût, bien au contraire : le citron, acide au goût, est un alcalinisant, le contraire d'un acidifiant ; par contre, la viande, douce au goût, est acidifiante )

ALORS, FAUT-IL FORCER SUR LES PRODUITS LAITIERS ?
Reste peut-être le yaourt, allégé de préférence, et si l'on n'a pas d'intolérance aux protéines du lait, et, de toute façon, en quantité raisonnable.

Mais surtout mangez beaucoup de légumes variés et buvez de l'eau riche en bicarbonates de calcium.
FAUT-IL PRENDRE DE LA VITAMINE D ?
Trop peu d'aliments courants et sans risques contiennent de cette vitamine. La vitamine D médicamenteuse doit être maniée très prècisement ; elle n'aurait qu'extrêmement peu d'indications si quelques règles d'hygiène de vie étaient suivies : sous le climat picard, il suffit de sortir tous les jours de chez soi, en plein jour, un quart d'heure en été, une heure en hiver, le visage découvert et il suffirait, pour les personnes qui ne peuvent sortir de se mettre le même temps, couvertes en fonction de la température, assises à côté d'une fenêtre ouverte.

QUE PENSER DES AUTRES MEDICAMENTS DE L'OSTEOPOROSE ?
Pendant longtemps on ne savait que diminuer les fuites de calcium. Aujourd'hui existent de nouveaux médicaments tendant à augmenter sa fixation, ils semblent prometteurs pour les ostéoporoses installées. Ces derniers médicaments sont, pour l'instant réservés aux personnes atteintes d'ostéoporose ayant déjà subi plusieurs fractures.


LE CHOIX : l'attitude préventive consiste à adopter d'emblée un mode de vie joyeux sans craintes excessives, sans perdre la considération de soi favorable à la santé en général, en bougeant, en sortant, en limitant sa consommation de sel, en mangeant varié mais avec beaucoup de légumes frais, de légumes secs et de fruits frais et non pollués.
L'autre attitude consiste à ne s'occuper de sa santé que lorsque les ennuis commencent et à confier alors son sort à son médecin et aux médicaments. A chacun de choisir.
Reste aux pouvoirs publics à favoriser le bon choix et à faire en sorte que les contraintes économiques et les informations données ne poussent au mauvais choix, ce qui reste le cas actuellement
____________________________________________________________________ *=sources données sur demande au 0322420735.

lundi 23 avril 2007

Petite pharmacie d'urgence

Santé pour tous

UNE PETITE PHARMACIE DE PREMIERE URGENCE
A/PETITES PLAIES

SAVON DE MARSEILLE: pour les griffes, égratignures et petites plaies salies "ordinairement", c'est-à-dire sans graviers ni terre évidente, se contenter de les laver à l'eau claire et au savon de Marseille, éventuellement avec un gant de toilette sortant du blanchissage ou avec une grosse compresse (30x30)
ALCOOL A 70°: pour désinfecter la peau autour de la plaie; il pénètre les bactéries et les tue tandis qu'elles se cuirassent devant l'alcool à 90°.
Cétavlon alcoolique (60°), seulement si l'on tient à "mettre du rouge"! EAU OXYGENEE: seulement pour désinfecter les plaies souillées.
Attention: l'eau oxygénée se périme et devient inefficace après quelques mois.
COMPRESSES STERILES (30x30 et 20x20), GAZE HYDROPHILE PURIFIEE, CISEAUX A BOUTS RONDS, SPARADRAP ANALLERGIQUE ET AERE OU MICROPORE
Les pansements faits d'une compresse tenue par du sparadrap sont préférables aux pansements tout prêts, trop occlusifs. Beaucoup de plaies guérissent plus vite quand elles restent à l'air libre, pourvu qu'on évite de les souiller.

B/ BRULURES

Une brûlure n'a pas à être nettoyée: la chaleur a éliminé les microbes.

Au premier degré (la peau est rouge, sans cloques): faire couler de l'eau fraîche, en douche douce, jusqu'à ce que la douleur disparaisse. Au deuxième ou troisième degré: si la brûlure est peu étendue, la recouvrir de TULLE GRAS. Si elle est étendue, la recouvrir d'un torchon de COTON ou d'un drap de coton, IMPECCABLE, conservé à l'abri de la poussière après un repassage très chaud.
Se rappeler qu'un grand brûlé ne doit pas être déshabillé.

C/ ECHARDES


LIQUIDE DE DAKIN: pour nettoyer, surtout s'il y a une inflammation et un peu de pus. Ce liquide perd progressivement son activité surtout à la lumière (à garder à l'obscurité)

D/ ECCHYMOSES, BOSSES

- Si possible passer immédiatement sous une douche d'eau froide, jusqu'à apaisement de la douleur. Si impossible, poser un gant mouillé, remouillé régulièrement pour le garder frais..
Si l'on tient à "mettre quelque chose": eau d'ARNICA.E/ PETITS ENNUIS DU NEZ OU DE LA BOUCHE, COALGAN OUATE: pour toutes les petites hémorragies. Saignement de nez: mettre en position assise, penchée en avant, en comprimant la narine atteinte. CHINA 5 CH, trois granules toutes les dix minutes. Au bout d'un moment: se moucher pour éliminer le caillot

GROS SEL: en cas de gingivite ou d'abcès de gencive, une cuillère à soupe dans un demi verte d'eau tiède (en garder une gorgée quelques minutes dans la bouche du côté atteint puis cracher, recommencer deux ou trois fois).
Remplace avantageusement l'hextril.


F/ LES YEUX

Surtout ne pas utiliser de collyres entamés: aucun ne se conserve bien longtemps: si l'on veut soulager un œil rouge, en attendant le médecin, on peut baigner l'œil avec une compresse imbibée d'une infusion de bleuet ou de camomille, après l'avoir laissé tiédir; si l'on veut désinfecter: mettre trois gouttes de citron. Très peu de pommades, de collyres ou de gouttes, sont sans risques..


G/ FOULURES, ENTORSES, FRACTURES

BANDES élastiques en largeur 7 et 10 centimètres (boites de 4 mètres) EPINGLES A NOURRICE
BANDES DE COTON PROPRES, de tailles variées pour attelles et écharpes (peuvent aussi servir pour compression en cas de grosse hémorragie).

ARNICA 7CH en dose et ARNICAN pommade.


G1 DEMANGEAISONS

TEINTURE DE CALENDULA, localement sur une COMPRESSE 20x20. En avaler 20 gouttes dans un verre d'eau


DE FACON GENERALE

EVITER D'EMPLOYER TOUT PRODUIT A RISQUE, tels ceux qui contiennent du mercure (attention cela n'apparait pas toujours dans le nom). L'éther dessèche la peau (seuls usages à retenir pour l'éther: le dégraissage de la peau pour faire tenir le sparadrap). Les produits contenant de l'iode (comme la Bétadine), ceux qui contiennent des antibiotiques, des antihistaminiques ou des corticoïdes, comportent tous des risques importants. Seul un médecin peut prendre la responsabilité de les prescrire.

samedi 17 mars 2007

L'eau de Javel

SANTE POUR TOUS
Mise au point N° 5 L'EAU DE JAVEL


Ii s'agit certes d'un excellent antiseptique, efficace même sur les virus.

Cependant, c'est une erreur de croire qu'il faille désinfecter SYSTEMATIQUEMENT des toilettes familiales avec de l'eau de Javel. La cuvette des toilettes est par définition un lieu septique, il suffit de s'assurer que les matières fécales ont été entraînées par la chasse d'eau, de se laver les mains après l'utilisation des toilettes et de veiller à ce qu'il n'y ait pas de mouches. Dans ces conditions on ne risque rien. C'est la même chose pour les sols, les lavabos et les baignoires: il suffit que tout cela soit propre. Une antisepsie n'est souhaitable que dans le cas d'une maladie contagieuse ou dans celui d'une mise à la disposition du public.

Car, comme beaucoup de produits efficaces, l'eau de Javel fait payer ses services: d'abord elle favorise ou aggrave toutes les affections de la peau des mains de qui l'emploie; mais il y a plus grave: l'attaque et la destruction des matières organiques conduit à la formation d'organochlorés, souvent cancérigènes, stables et très peu biodégradables. On va les retrouver dans l'eau des rivières, de la mer, des nappes phréatiques. Ainsi ce qu'on gagne en désinfection microbienne, on le perd en pollution chimique.

Vous le savez, l'humanité, aujourd'hui, est beaucoup plus menacée par la pollution physico-chimique que par les microbes.

N'oublions pas que la plupart des microbes existants sont bénéfiques et qu'aucune vie sur terre ne pourrait exister sans leur action (de recyclage en particulier).
C'est pourquoi l'eau de Javel devrait être employée
parcimonieusement, seulement dans les cas où elle est indispensable et irremplaçable. Même son usage pour blanchir le linge devrait être réfléchi et limité, de même que l'on s'oriente, heureusement, pour blanchir le papier au cours de sa fabrication ou pour désinfecter l'eau des piscines, vers d'autres procédés moins polluants.

Le mieux est souvent l'ennemi du bien! et l'hygiène n'a rien à gagner à devenir une obsession antimicrobienne!

vendredi 16 février 2007

L'HEPATITE B

L'HEPATITE B ET SON VACCIN priorité ou précipitation ?

Depuis 1994, fait sans précédent, 20 millions de français ont été vaccinés contre l'hépatite B, sans qu'obligation leur en soit faite.
En septembre 1994, le ministre de la Santé, le docteur Douste-Blazy, parlait, à la télévision, de 3000 décès et de dizaines de milliers de nouveaux cas par an. L'ampleur déclarée de la maladie semblait justifier de recourir sans tarder à ce nouveau vaccin. Une campagne intensive de promotion, sponsorisée par les producteurs de vaccins, mais avalisée par les autorités, entraina, fin 1994, une ruée qui provoqua même une pénurie passagère !

S'AGIT-IL DONC D'UN PROBLEME DE SANTE MAJEUR ?

L'HEPATITE B correspond à une infection du foie par un virus particulier. Il existe au moins sept virus liés à des hépatites ( de A à G ). Les hépatites A, B et C sont les mieux connues. L'hépatite A est généralement sans gravité. L'hépatite C est la plus dangereuse. Elle est, en France, nettement plus répandue que la B et bien plus souvent suivie de conséquences graves: le risque de cirrhose, altération grave des cellules du foie, est 15 à 50 fois plus élevé ;

COMMENT L'HEPATITE B MENACE-T-ELLE LA SANTE ?

Les conséquences graves sont de deux ordres:
-immédiatement, dans un pour cent des cas, survient une hépatite aigue fulminante, souvent mortelle en quelques jours.
-beaucoup plus tard, le passage à la chronicité peut aboutir à une cirrhose ou à un cancer du foie, 10 à 40 ans après la contamination.

QUEL EST LE RISQUE DE FAIRE UNE CIRRHOSE ET UN CANCER ?

Concrètement, si l'on part de 1000 contaminés, 890 à 940 vont guérir spontanément, seuls 50 à 100, selon les estimations, seront porteurs d'une hépatite chronique, le plus souvent sans s'apercevoir de rien si on ne leur fait pas de prise de sang. Un bon nombre de ces hépatites chroniques vont elles aussi guérir spontanément, d'autres vont se prolonger indéfiniment. Des dizaines d'années après, sur les 1000 contaminées, entre 5 et 25 personnes déclareront une cirrhose qui pourra se compliquer, une fois sur deux ou une fois sur six selon les diverses estimations, par un cancer du foie.
Que ce soit, de façon immédiate, par hépatite fulminante, ou différée, par cirrhose ou par cancer, les décès dus à l'hépatite B en France sont estimés par l'I.N.S.E.R.M. (Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale) entre 5OO et 1000 par an, et non pas 3000, comme a dit le Ministre.
S'AGISSAIT-IL D'UNE EPIDEMIE INQUIÉTANTE ?

Avant toute vaccination de masse, le même Institut ESTIMAIT à 20.000 par an le nombre des nouvelles contaminations-tous les chiffres mis en avant ne sont que le fruit d'estimations statistiques.
En fait l'ampleur de "l'épidémie" était très mal connue: aucune enquête n'a été menée pour établir avec précision le nombre de décès et le nombre des malades en relation avec le virus de l'hépatite B en France, les médecins n'étaient et ne sont toujours pas tenus de déclarer les cas d'hépatite B qu'ils détectent.
Le dépistage systématique effectué chez les donneurs de sang n'a jamais révélé de contamination importante.
Les relevés ponctuels faits avant 1994, étaient en faveur d'une tendance à la diminution progressive, c'est même ce qui ressort d'un tableau reproduit dans un dépliant largement distribué par le Comité Français pour l'Adolescence préconisant la vaccination: ce tableau, fourni pour montrer que l'hépatite est surtout fréquente dans la tranche d'âge allant de 15 à 24 ans, montre aussi que la fréquence de la maladie avait nettement baissé au cours des années étudiées (1985 à 1988), avant toute vaccination de masse. La même évolution en baisse est constatée par l'Organisation Mondiale de la Santé dans tous les pays d'Europe, y compris ceux qui n'ont pas entrepris de vaccination de masse
Cette observation est tout à fait logique puisque l'hépatite B a été largement répandue en France par les transfusions sanguines effectuées avant la réalisation systématique du test de dépistage chez les donneurs de sang. L'introduction progressive de ce dépistage allait faire chuter la fréquence des contaminations

COMMENT L'HEPATITE B SE TRANSMET-ELLE ?

Comme l'hépatite C et le Sida, l'hépatite B se transmet d'abord par le sang et, semble-t-il, beaucoup plus facilement (probabilité 100 fois plus élevée), y compris lors de l'accouchement‑
La deuxième modalité de transmission reconnue par tous vient des rapports sexuels, surtout s'ils sont à risques: partenaires multiples, maladies sexuelles transmissibles concomitantes, rapports anaux. On reconnait, là aussi, une grande similitude avec le Sida.
La transmission par la salive a été affirmée sans hésitations par les promoteurs de la vaccination. On la retrouve encore citée assez souvent pour entretenir cette notion dans l'opinion publique et même médicale.
Le doute provient essentiellement du fait qu'il a été constaté qu'au sein d'une collectivité fermée (famille, établissement de long séjour...) la vie commune prolongée s'accompagnait d'un certain nombre de transmissions sans échange de sang ni contact sexuel connus.
Aujourd'hui il n'existe AUCUNE PREUVE qu’un mode de contamination par la salive existe réellement. Un essai de transmission par la salive, effectué sur des chimpanzés sensibles au virus, a totalement échoué,

UNE PREVENTION POLYVALENTE

De ces modes de contamination découlent des mesures de prévention. Le dépistage chez les donneurs de sang et les femmes enceintes, l'emploi du préservatif sont des mesures évidentes qui ont l'avantage d'être communes à la prévention du Sida.

UNE VACCINATION EFFICACE

Mais, contrairement au cas du Sida, il existe, vis-à-vis de l'hépatite B, une possibilité de vaccination dont l'efficacité a été démontrée: la vaccination du personnel de soin a stoppé net les contaminations qu'on observait fréquemment dans des services comme ceux qui assurent les hémodialyses chez les insuffisants rénaux.
La vaccination comporte trois injections, à un mois d'intervalle, la première année, un rappel l'année suivante. Un autre schéma se contente de deux injections à un mois d'intervalle, et d'un rappel six mois plus tard. Il est conseillé de faire ensuite un rappel cinq ou dix ans plus tard.

UN TRAITEMENT POSSIBLE MAIS ALEATOIRE

Il n'y a guère de traitement efficace des hépatites fulminantes, si ce n'est le possible recours à une greffe du foie.
Dans les hépatites chroniques l'interféron alpha et la vidarubine ont une efficacité immédiate limitée: les tests sanguins se négativent chez 40% des sujets dans les publications les plus encourageantes. L'efficacité à long terme reste à prouver.

ON COMPREND QU'IL SOIT TENTANT D'EVITER LA MALADIE PAR LA VACCINATION, MAIS LE VACCIN EST-IL INOFFENSIF ?

Qu'en est-il de la survenue, après cette vaccination, de maladies graves concernant principalement le système nerveux, scléroses en plaques ou myélites, ou d'autres maladies auto-immunes ?
Le fait qu'une maladie succède à une vaccination ne permet pas d'affirmer la responsabilité du vaccin mais il doit attirer l'attention et rendre prudent.
La position des autorités sanitaires sur ce sujet est que cette vaccination pourrait révéler une prédisposition préexistante; cependant l'on ne connait pas grand-chose de cette prédisposition supposée.

DISPOSER D'UN VACCIN JUSTIFIE-T-IL UNE VACCINATION MASSIVE ?

Il était certes impossible, en 1994, de savoir si les vaccins récemment découverts et qui allaient être utilisés massivement, pourraient ou non révéler ultérieurement des complications. La connaissance ne disposait pas du recul nécessaire.
La sagesse aurait consisté à ne pas généraliser une intervention médicale encore trop peu connue dans ses effets à l'échelle d'une population. Le principe de précaution, comme on l'appelle aujourd'hui, aurait amené à attendre quelques années pour disposer enfin d'études systématiques fiables qui sont forcément longues.
Enfin il ne faut pas oublier que la vaccination n'est pas la seule prévention possible, elle ne devrait en aucun cas faire négliger les mesures générales de protection, comme le signale le témoignage d’Anne Muscat.
Le temps des décisions prises sans concertation n'est-il pas révolu ?

D'AUTRES QUESTIONS SE POSENT

Ne faudrait-il pas clarifier les responsabilités et les fonctions dans le domaine de la santé ? Une campagne en faveur d'une technique de prévention, ou de soins, peut-elle être menée sans risque de dérapage dés lors que les producteurs de cette technique (vaccin ou médicament) participent à sa promotion ?
Etait-il judicieux de consacrer au problème de l'hépatite B des moyens aussi importants ( 1,7 milliards de francs la première année) ? Rappelons que c'est précisément en 1994 que le Haut Comité de Santé Publique établissait, dans son premier rapport général, une liste de 17 priorités en Santé Publique où l'on ne retrouve pas l'hépatite B.
Ne faudrait-il pas éviter de répéter les mêmes erreurs avec le vaccin contre l'hépatite A ?


COMBAT CONTRE L' HEPATITE *

Ce récit est le témoignage concret d'un service d'hémodialyse où l'hépatite B était l'ennemi numéro 1 des malades et du personnel.
Je travaille dans ce service depuis 23 ans et je peux vous confirmer que nous n'avions droit ni à l'erreur, ni à la maladresse compte tenu de la virulence de celle-ci. La forte demande en transfusion sanguine, vu l'anémie constante qu'engendre l'insuffisance rénale, donnait à notre hépatite l'occasion de se produire à la moindre occasion.
Les techniques de l'époque étaient loin d'assurer une protection efficace. La seule aide fut l'injection d'immunoglobuline Anti HBs en intramusculaire toutes les 4 à 6 semaines. La protection restait imparfaite suivant le laps de temps qu'il y avait entre 2 injections. De plus, celle-ci n'était pas administrée aux femmes enceintes.
A peu près au même moment (1977-78), une sectorisation fut instaurée. C'est à dire que les nouveaux patients mis en dialyse, n'étant pas porteurs de l'hépatite B, étaient dialysés dans une autre salle n'ayant pas contact avec les autres malades.
De ce fait, est né un secteur « positif » et un « secteur négatif » . Puis, pour renforcer la lutte, l'évolution importante des techniques, le port de gants systématique et obligatoire, la vaisselle et le linge à usage unique pour le secteur positif, la vaccination des malades et du personnel (1982/83) fit enfin reculer ce redoutable virus. Notre mur, assurant la séparation des secteurs, semblait presque inutile et peut être même serait-il tombé pour réunir équipes et malades.
Mais au loin, arrivaient, en sourdine, le SIDA (1985) et l'hépatite « ni A ni B », appelée C depuis 1988. Notre combat ne cessera d'être nécessaire
en n'ayant, cette fois, comme allié, que la prévention. Le problème des transfussions sanguines, quant à lui. est réglé grâce au dépistage effectué chez les donneurs de sang, à l'utilisation de l'érythropoiêtine chez les dialysés (hormone favorisant la fabrication du globule rouge) évitant le recours aux transfusions répétées ainsi qu'à la stérilisation entre chaque dialyse.
Le V de Victoire eut un court règne et celui de Vigilance reste notre devise.

Anne Muscat*

mardi 6 février 2007

La Maladie d'Alzheimer


L'Alzheimer est une maladie qui mène à la démence : le sujet « perd la tête », « revient en enfance » car ses neurones sont étouffés par un dépôt de substances anormales.
Le but n'est pas, ici, de décrire la maladie mais de répondre à quelques questions pratiques la concernant.

I/ S'agit-il d'une maladie unique ?
L'Alzheimer typique se rencontre principalement quand la maladie débute tôt, avant 65 ans, soit dans environ 10% des cas.
Dans les autres cas la maladie combine les lésions de l'Alzheimer avec des lésions cérébrales ayant d'autres origines : athérosclérose, toxiques comme le tabac, l'alcool, neuro-toxiques divers, que l'on peut qualifier de co-facteurs. La difficulté provient du fait que les troubles présentés sont sensiblement les mêmes.

II / D' ou vient l'Alzheimer ?
Aucune cause externe n'a été jusqu'alors retenue, si l'on met de coté les co-facteurs.
Bien que la maladie soit d'autant plus fréquente qu'on avance en âge, l'âge n'en est pas la cause, la maladie est simplement la conséquence à long terme de facteurs qui accumulent leurs effets ; en fait elle commence bien avant qu'elle n'entraine le moindre signe.
Il a été repéré une prédisposition génétique qui ne concerne qu'une minorité des cas.
L'aluminium a été incriminé, la question n'est pas résolue, d'autant qu'elle est sensible, vu les enjeux. On sait que l'aluminium a , dans le corps, des effets proches de ceux qu'entrainent « les métaux lourds », qui favorisent l'apparition de « radicaux libres » et neutralisent des oligo-éléments indispensables.
Il a été observé, dans la maladie d'Alzheimer, des phénomènes de lipo-peroxydation. Mais ces phénomènes sont aussi en oeuvre dans l'athérosclérose, co-facteur majeur de l'Alzheimer. C'est le cas également du stress, en oeuvre dans plusieurs co-facteurs, mais qui serait retrouvé plus spécifiquement sous la forme de conflits répétés, en dents de scie.

III / Et les pertes de mémoire ?
II est habituel et non maladif d'avoir moins de mémoire à 70 ans qu'à 40 ans, de même qu'on en a souvent moins à 40 qu'à 20ans ! cette diminution est globale et peut être combattue par l'exercice.
L'Alzheimer entraine surtout, du moins au début, l'oubli des faits récents.
Les médecins s'accordent sur l'attitude qui consiste à conseiller une consultation spécialisée lorsque la perte de mémoire pose problème à la fois à l'intéressé et à son entourage.

IV / Un diagnostic précoce est-il utile ?

ASSEZ PRECOCE : OUI.- / Quand la maladie est déclarée, le recours aux médicaments anti-Alzheimer existants permet de retarder son évolution, surtout si les dégâts ne sont pas encore trop importants et un patient sur quatre en tirera bénéfice, bénéfice hélas, pour l'instant , passager.
TRES PRECOCE : NON. - / II ne faudrait surtout pas traiter toute perte de mémoire débutante avec ces médicaments qui agissent en augmentant la présence d'un neuro­transmetteur,l’ acétylcholine, qui, justement est présent au tout début de la maladie en quantité
plus importante que la normale. C'est un peu plus tard, quand la production d'acétyl­choline chute, que ces médicaments deviennent utiles.
PAR CONTRE, bien évidemment, toutes les mesures préventives , bien connues, qui concernent les co-facteurs, sont les bienvenues. Eviter l'usage ou l'abus des toxiques, prévenir l'athérosclerose, prévenir ou faire baisser une hypertension sont des mesures profitables a tout point de vue.

V / Quand peut-on traiter par les médicaments spécifiques ?
La pose du diagnostic est aujourd'hui réglé selon des critères très précis déterminés par les centres spécialisés. Ce n'est qu'alors que les médicaments spécifiques existants actuellement ont un intérêt.

VI / Et qu'en est-il des traitements non médicamenteux ?
Tout ce qui peut stimuler l'activité cérébrale est recommandable ; l'exercice, physique ou intellectuel, est à conseiller, surtout s'il exige une concentration et s'il est fréquent ( au moins trois fois par semaine ).
Si les méthodes cognitives et les thérapies psychosociales n'ont pas encore fait définitivement leurs preuves quand la maladie est avancée, les quelques résultats positifs enregistrés laissent à penser qu'elles pourraient jouer un rôle important dans la prévention de la maladie.
VII / Et le ginkgo ?
Le ginkgo a été utilise depuis longtemps en Chine pour aider le fonctionnement cérébral. Il y a une dizaine d'année, une étude avait conclu a son inefficacité dans les troubles de la mémoire, mais des travaux récents remettent cette conclusion en question et des centres de recherche étudient actuellement l'action d'extraits de ginkgo pour traiter l'Alzheimer.

FIN

jeudi 1 février 2007

L'ALIMENTATION

QUE MANGER AU XXI° SIECLE ?

Mise à jour à partir des exposés de la réunion du Juin 2000:
- L'alimentation Méditerranéene,
- Faut-il aseptiser les aliments ?
- Y-a-t-11 des aliments miracles ?
- Quelles grandes lignes pour une alimentation-santé ?

-_-_-_-_-_-_-_-_-_--_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

1/ L' ALIMENTATION MEDITERRANEENNE (Bernard Delemotte)

Depuis 1950, il avait été constaté une très grande inégalité des populations de la planète face aux maladies cardiovasculaires et en particulier aux accidents coronariens.
Plus récemment il a été montré que, dans l'île de Crête, où une grande partie de la population se nourrit encore comme il y a 2000 ans, à partir des ressources locales et de la pèche, il y a très peu d'infarctus et moins de cancers qu'ailleurs.
Les crétois consomment des légumes, de l'ail, de l'oignon, des fruits, du pain aux pois chiches, du poisson, des végétaux sauvages comme le pourpier, de l'huile d'olive, un peu de vin et de fromage de chèvre ou de brebis et très peu de viande.
En France, quand on compare l'alimentation des Toulousains à celle des strasbourgeois ou des lillois, on remarque que celle des toulousains ressemble un peu à celle des crétois; et les toulousains font aussi moins d'infarctus que les autres.

En Europe, globalement, les accidents coronaires sont dix fois plus fréquents dans les pays du nord que dans ceux du sud: était-ce dû à une différence génétique ou à l'alimentation ?

Il s'avère que l'alimentation peut favoriser, ou au contraire défavoriser, les dépôts de cholestérol dans les parois artérielles, qu'elle peut aussi favoriser, ou défavoriser, la formation de caillots sanguins dans ces vaisseaux. L'excès de cholestérol est favorisé par les graisses saturées, peu consommées par les méditerranéens, abondantes dans le beurre, les charcuteries, les viandes, les pâtisseries et les fromages, et, au contraire,minimisé par les graisses insaturées, abondantes dans l'huile d'olive et dans le poisson( sous une forme particulière qui fluidifie le sang) 1' excès de cholestérol est aussi diminué par les fibres, apportées par le pain bis et les fruits et légumes, et par les anti-oxydants (vitamines, caroténoïdes, flavonoïdes et lycopène) présents dans les fruits et légumes et dans le vin rouge. Les anti-oxydants protègent aussi contre les altérations cellulaires du revêtement interne des artères.
Remarquons par ailleurs qu'on est aujourd'hui plus réservé qu'il y a quelques années pour ce qui est des huiles très polyinsaturées, telles que les huiles de tournesol, de maïs, soja ou pépins de raisin.

Biblio: "Le régime crétois" de Jacques FriCker et Dominique Laty aux éditions Hachette
II/ FAUT-IL ASEPTISER LES ALIMENTS ? (Luc Jaisson)

La multiplication des mesures d'hygiène, y compris sur les marchés, et la publicité faite aux maladies liées aux listérias et salmonelles aboutit à exagérer l'importance des microbes.
FAUT-IL QUE NOS ALIMENTS SOIENT DENUES DE TOUT MICROBE ?
Il faut rappeler que la vie, telle quelle s'est développée sur la Terre n'aurait jamais existé et ne serait toujours pas possible sans les microbes. La plupart sont tout à fait inoffensifs et, au contraire, très utiles: bactéries et champignons microscopiques fertilisent le sol et aident les plantes et les arbres à pousser, tout en recyclant tous les déchets naturels et beaucoup de produits industriels biodégradables; certains virus recyclent bactéries et plantes...Agents incontournables des modernes manipulations génétiques, les virus ont très probablement joué un rôle essentiel dans l'évolution des espèces.

D'autre part fort peu d'espèces microbiennes peuvent s'introduire dans l'organisme quand elles sont absorbées par la bouche: l'acide chlorhydrique de l'estomac les détruit massivement. Pour qu'ils passent cette barrière il faut qu'ils soient très nombreux: au dessous d'un seuil qui varie avec les espèces, il n'y a aucun risque qu'ils envahissent l'organisme. De plus, le fait d'absorber un petit nombre de microbes dangereux permet à notre système immunitaire d'apprendre à les reconnaître, le rendant ainsi capable de résister à une plus forte contamination accidentelle.
Quotidiennement, bien loin de nous agresser, le monde microbien nous rend de grands services: cent mille milliards de microbes sont présents dans l'intestin d'un adulte, principalement dans son colon. Ils se répartissent entre de nombreuses espèces, dont 400 connues, en général inoffensives, parfois potentiellement susceptibles d'entraîner une maladie (pathogènes); cependant le développement des pathogènes est bloqué par les autres espèces dans une flore normalement équilibrée avec qui nous vivons en bonne entente.
Cette flore nous permet:
- d'aller normalement à la selle,
sans microbes nous serions très constipés,
- de digérer certaines substances
que nos sucs digestifs ne savent pas attaquer,
- de disposer de la vitamine K et de plusieurs vitamines B qu'elle produit, dont de la B12
- enfin, en occupant le terrain, cette flore rend très difficile l'implantation d'un microbe pathogène apporté avec un aliment contaminé.
La flore intestinale se constitue, après la naissance, à partir des microbes ingérés avec le lait maternel - il est heureusement impossible de stériliser complètement un mamelon
Par la suite, une aseptisation des aliments diminuerait constamment les capacités de notre système immunitaire et nous priverait de toute possibilité de reconstituer cette flore, par exemple après une cure d'antibiotiques.
Une antisepsie à base de produits comme le chlore, utilisé pour les légumes sous sachet, détruit tous les microbes mais forme des composés "organo-chlorés" souvent cancérigénes que l'on va retrouver, après rinçage, dans les rivières et les nappes phréatiques.